Génération expat'

Le touriste pense au retour avant même d'être parti ; le voyageur, lui, ignore même s'il reviendra un jour…

Mexique – inégalité des classes sociales

Il y a dans tous les pays du monde des gens plus ou moins riches et des gens plus ou moins pauvres. Par exemple en France on pourrait dire que la classe moyenne est la classe qui est la plus représentée. D’où cette nuance de « plus ou moins ».

En revanche plus on se rapproche des pays émergents de l’Amérique Latine et plus cette nuance est marquée, voire très marquée. En effet au Mexique (et j’entends par là le territoire mexicain dans sa totalité) il existe un écart très important entre « les riches » et « les pauvres ». La classe moyenne ne fait pas la majorité.

Et on s’en rend compte très rapidement lorsqu’on visite une ville mexicaine en voiture par exemple. On peut se trouver dans un très beau quartier résidentiel, dont l’entrée est protégée par un gardien, avec de très belles villas, une végétation florissante et puis, à cinq minutes de là, se retrouver dans un quartier où c’est tout l’opposé. Qu’est ce que j’appelle opposé ? Des habitations de fortune, entassées les unes à côté des autres, avec des toits en tôle, avec de nombreux enfants dans les rues qui passent leur temps comme ils le peuvent et surtout qui viennent essayer de gagner quelques sous dès que quelqu’un ou qu’un véhicule se présente. Nous pouvons tous imaginer ce à quoi je fais allusion, grâce aux différentes émissions ou films concernant le Mexique que l’on a pu voir. Mais ça fait mal de voir ça de ses propres yeux.

J’ai toujours des images fortes dans ma tête, de faits qui m’ont marqué. Par exemple à un feu rouge à Cuernavaca (à une heure au sud de la capitale, Mexico City), plusieurs jeunes enfants mexicains entre 8 et 10 ans je dirais qui viennent autour de votre voiture et essaient de tout faire pour avoir quelques petites pièces. Certains vendront des pâtisseries, des chewing-gums ; d’autres laveront votre pare-brise et d’autres jongleront juste devant votre voiture avec des torches enflammées !!! Pieds nus sur l’asphalte (lorsqu’il y en a). Ce genre de chose fait mal à voir. Car nous savons tous où est la place d’un enfant de 8, 10 ans dans nos pays développés ; sur un banc d’école à s’instruire. Et oui, on se rend compte alors que naître dans un pays ou dans un autre peut changer bien des choses.

Et puis plus les jours, les semaines et les mois passent plus ces scènes se reproduisent dans le paysage mexicain et plus elles font parties du panorama quotidien, c’est ça qui est le plus triste. A Queretaro, au nord du Mexique, tout près de la place principale dormaient sur un trottoir en pleine nuit une mère et ses enfants. A même le sol.

Il est fréquent de voir des enfants faire la manche dans la rue, dans les fast food, en demandant quelques pièces. La majorité d’entre eux vous diront la même chose, « tengo hambre », traduction de « j’ai faim ». Alors là vous lui répondrez, « et bien viens, allons t’acheter quelque choses à manger ». Et bien qu’il soit content de manger quelque chose vous vous rendrez compte qu’il voulait avant tout la pièce pour ensuite la ramener à sa mère par exemple. Qui a appris qu’au Mexique, envoyer des enfants faire la manche pouvait générer des revenus intéressants (plus intéressants souvent que de vendre sur les marchés des pièces artisanales).

En tout cas il m’était impossible là-bas de répondre « non » à un enfant. J’étais dans son pays, je suivais des cours chez lui, j’avais tout l’argent nécessaire pour manger mais surtout pour sortir, faire la fête, visiter. Alors comment dire non. Tout en sachant en même temps que c’est justement le fait de donner qui attirera d’autres enfants qui feront alors la même chose.

Ces six mois passés au Mexique m’ont bien sûr fait réfléchir, comme c’est le cas j’imagine de toutes les personnes qui ont vécu dans ce pays, et non qui ont passé uniquement quelques jours sur la terrasse de la piscine d’un hôtel à Cancun par exemple. Et c’est là la force de ces expériences de vies, car elles nous permettent par la suite d’avoir un regard différent sur les choses et nous font apprécier des détails qui auparavant nous paraissaient insignifiants.

Profitez comme il se doit de ce merveilleux pays qu’est le Mexique et essayez au plus d’entrer en contact avec la population mexicaine qui se fera un plaisir de partager un peu de sa culture avec vous.




Posted 11 months, 1 week ago at 1 h 34 min.

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